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Cours : lecture, Muqaddimah, Tamhidi et cinq niveaux

Le cadre européen décrit des compétences communicatives : commander un café, rédiger une lettre, suivre une conférence. Il s'applique mal à l'arabe pour débutants car l'apprenant consacre les deux pre

Pourquoi pas A1 et B2

Le cadre européen décrit des compétences communicatives : commander un café, rédiger une lettre, suivre une conférence. Il s'applique mal à l'arabe pour débutants car l'apprenant consacre les deux premiers mois à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture — une étape fondamentale absente des descripteurs du CECRL.

C'est pourquoi les instituts pour non-arabophones adoptent leur propre progression : d'abord la lecture, puis la Muqaddimah et le Tamhidi, suivis des niveaux numérotés. Les termes arabes reflètent exactement leur rôle : مقدمة signifie « introduction » et تمهيدي signifie « préparatoire ». Nous avons conservé cette structure telle quelle : quiconque s'intéresse sérieusement à l'arabe n'évalue pas son niveau selon le cadre européen, mais selon qu'il a atteint ou non la Muqaddimah.

La lecture, premier cours

Huit semaines pour que les lettres cessent d'être de simples dessins. Vingt-huit lettres regroupées selon leur tracé, quatre formes pour chacune, voyelles courtes (harakat), syllabes, voyelles longues, tanween, lettres solaires et lunaires, règles d'arrêt. Les deux dernières semaines sont consacrées à la lecture du Coran : prolongations (madd), signes de pause (waqf) et récitation à voix haute de sourates courtes.

La compréhension n'est ni enseignée ni attendue à ce stade. À la fin, vous lirez à voix haute un texte vocalisé inconnu sans en comprendre le sens — c'est un résultat tout à fait normal et voulu, et non un échec. L'œil et la voix doivent être formés avant le sens, car on ne peut apprendre des mots que l'on n'est pas capable de lire.

كِتَاب — livre
Trois lettres racines — ك ت ب — et deux voyelles. Au premier niveau, on les lit phonétiquement ; leur signification est découverte au second.

Muqaddimah, deuxième cours

C'est ici que commence la compréhension. Toute phrase arabe est constituée de trois éléments : le nom, le verbe et la particule. On apprend d'abord à les distinguer par leurs marques structurelles plutôt que par leur sens : l'article et le tanween n'appartiennent qu'au nom, le verbe est précédé de particules spécifiques, et la particule ne prend aucun affixe.

Viennent ensuite le genre et le nombre, la détermination, la phrase nominale sans verbe être et le temps passé. À la fin du cours, les étudiants maîtrisent trois cents mots classés par racines et comprennent leurs premières phrases simples dans leur globalité, sans s'appuyer sur des mots isolés.

Tamhidi, troisième cours

Le cours qui permet d'aborder des textes adaptés. Trois grands thèmes : l'annexion (idafa), les pronoms affixes et le présent avec la négation.

L'annexion (idafa) — l'association de deux noms remplaçant le génitif — est abordée ici et fait l'objet de deux semaines complètes d'étude. Non pas à cause de sa complexité théorique, mais parce qu'elle bouscule les réflexes : l'article se place sur le second mot et non sur le premier, et la main a tendance au début à faire l'inverse.

بَابُ الْبَيْتِ — la porte de la maison
Littéralement « porte la-maison » et non « la-porte maison ». L'erreur la plus fréquente de la première année.

Cinq niveaux après le Tamhidi

Ensuite, la progression redevient classique, chaque niveau étant dédié à un domaine précis. Les niveaux 1 et 2 traitent de la morphologie (sarf) : les formes dérivées du verbe, ces moules préétablis dans lesquels s'insère la racine. Dès lors, le vocabulaire cesse de s'apprendre par listes : un seul schème maîtrisé permet de déduire des dizaines de mots dérivés sans dictionnaire.

Le niveau 3 aborde l'analyse grammaticale (i'rab) : pour chaque mot, on identifie sa fonction syntaxique et la désinence casuelle correspondante, oralement au tableau et par écrit à chaque séance. Le niveau 4 consiste à lire un livre original intégralement, chapitre par chapitre : préparé à la maison avec un dictionnaire, lu et résumé en classe. L'analyse du premier chapitre prend quatre heures, celle du cinquième moins d'une heure.

Le niveau 5 est le niveau final. Le cours se déroule entièrement en arabe, la langue maternelle n'étant utilisée que pour les nouveaux termes techniques. La huitième semaine comprend un examen en trois parties : lecture à voix haute d'un texte non préparé, analyse syntaxique et rédaction d'une page. Les lauréats reçoivent le certificat de notre centre ; en cas d'échec, un rattrapage est prévu après un mois sans frais supplémentaires.

Durée totale et engagement

Huit sessions de huit semaines représentent environ un an et demi d'études régulières. Une semaine d'interruption sépare les sessions, et chaque niveau reprend avec une nouvelle promotion, ce qui permet de faire une pause et de reprendre six mois plus tard dans un groupe adapté.

S'ouvre ensuite la seconde phase : étude de textes classiques, rhétorique (balaghah) et poésie. Elle est proposée sous forme de modules distincts, pour le moment en cours particuliers.

Par quoi commencer

Si vous ne connaissez pas l'alphabet, commencez impérativement par le cours de « Lecture ». Si vous savez déjà lire, venez pour une évaluation de dix minutes : nous lirons ensemble pour décider de votre orientation. Le plus souvent, un apprenant souhaitant reprendre ses études est orienté vers la Muqaddimah, car il lit les mots familiers de mémoire tout en hésitant sur les nouveaux, ce qui le bloquerait au niveau Tamhidi.

Vous ne savez pas par quel niveau commencer ?

Vingt minutes d’entretien suffisent pour le savoir. Gratuit et sans engagement.

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